Une issue de sortie de crise: se réinventer (Partie 1)

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Image was captured by a camera suspended by a kite line. Kite Aerial Photography (KAP)

La crise économique fait rage, l’Etat ne peut plus assurer la conversion de la monnaie nationale en devises internationales échangeable avec d’autres pays pour continuer d’importer. Et pourtant le peuple veut: smartphones et tablettes, machines-à-tout-faire et médicaments de pointe, films et divertissements, chaussures et prêt-à-porter, moutarde et raisins,… qu’il ne produit pas. Longtemps ignoré ou étouffé, ce problème resurgit et cette fois, il faut prendre une décision. Malgré les plans d’ajustement proposés par l’Etat pour se crédibiliser aux yeux de ses bailleurs de fonds, ces derniers ont refusé d’octroyer les traditionnels emprunts qui lui permettent de maintenir pour ses populations, un train de vie proche de celui du vieux continent.  Aux ministères des finances, du commerce, les cabinets ministériels sont en réunion permanente : il faut trouver des issues de sortie de crise, jamais pareille situation n’a été vécue. Chose très rare, le président de La République vient de convoquer un conseil extraordinaire des ministres avec un ordre du jour très précis : Issues de sortie de crise économique.

Silence de mort, vive attention de l’assistance aux différents orateurs; de cette réunion sortira l’avenir de La République sur les cinq prochaines années. Tout commence par un rapport détaillé du Ministre des Finances:

En résumé, les cinq produits phares d’import-export dans l’ordre: à l’exportation, le bois, la banane, le cacao, le caoutchouc, le coton; à l’importation, les denrées alimentaires dont les plus prisées sont le riz, le blé, le poisson congelé, le sel de cuisine, les hydrocarbures, le clinker, les produits de quincaillerie et les produits chimiques industriels.

L’excédent de la balance commerciale est aujourd’hui de 692 Milliards dont 60% sont financés depuis les cinq années écoulées par les bailleurs de fonds. L’absence de ces derniers à la participation économique de l’année en cours nous oblige à revoir nos importations.

Cette analyse est suivie des analyses des Ministres du Commerce et de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et du Développement rural :

Les denrées alimentaires importées sont destinées à la consommation nationale pour le riz et le poisson notamment mais aussi aux entreprises agro-industrielles: La Brasserie pour le blé et le maïs, LANA (Laiterie Nationale) pour l’amidon de manioc. Des situations similaires ont été vécues dans les années 90 mais, la structuration des filières viande rouge et avicole a permis d’augmenter considérablement la production nationale ; portant ces produits à un niveau marginal d’importation aujourd’hui.

Les performances commerciales de l’Etat pourraient être améliorées à l’intérieur du pays, notamment sur des produits dont nous avons des productions locales exportées tels que la banane et le riz ou encore peu explorées comme le poisson, le manioc…En outre, le potentiel national de production est important et certain au vu des terres cultivables, zones piscicoles et avicoles encore disponibles.

La sentence est lourde mais claire,

…Il va falloir limiter les importations à l’essentiel et améliorer nos capacités de production pour réduire à long terme les importations et garantir dans le futur une capacité d’importation.

Le travail en comité élargi pour définir les priorités permettra de donner une position définitive aux acteurs économiques.

Au bout de trois mois de travail acharné, une parution au Journal Officiel informe la population d’un ensemble de mesures de sortie de crise parmi lesquelles la suspension des importations de produits alimentaires dont la production nationale couvre à 85% la demande: viandes rouge, blanche et produits dérivés, fruits et légumes sous toute forme,… ceci pour limiter l’importation de certains produits agricoles qu’on peut transformer localement et sauver les récoltes nationales à 70% perdues post-récolte. En particulier, l’importation du riz, exonéré de droit de douane, sera réduite de 45% en raison du démantèlement d’un circuit de réexportation de 30% de cette denrée vers la sous-région.

En attendant une production locale, fini le pâté et la terrine de campagne, les saucisses, les cacahuètes, la noix de coco séchée et les pots d’ananas,…Pour Maoussi, distributeur officiel du riz national aux trois Etats voisins consommateurs, cette sentence sonne comme le glas de ses activités économiques. Heureusement, le semestre laissé pour la mise en application de cette sentence lui laisse le temps de penser à comment se réinventer…

To be continued…

http://ghide.overblog.com/2015/06/agriculture-le-cameroun-gros-importateur-des-produits-agricoles.html

http://crtv.cm/fr/latest-news/economie-3/consommationriz-la-fin-de-lexoneration-fiscale-va-booster-la-production-locale-16497.htm

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6 thoughts on “Une issue de sortie de crise: se réinventer (Partie 1)

  1. Bien. Je crois qu’il est grand temps de « réinventer » notre politique économique dans ce sens. Encourager les initiatives locales et soutenir les collectivités qui ont déjà franchis le pas.

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